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Mon stage en Chine – Mes premières impressions du pays, de la ville – Mon installation, mon adaptation à la vie quotidienne, mes découvertes : sorties, visites, rencontres

À la recherche d’un nouveau défi intellectuel, j’ai orienté mes recherches de stage de fin d’études vers un pays en voie de développement notamment en Chine dans le but d’acquérir une expérience des plus enrichissantes pour moi, à la fois personnellement et professionnellement. Découvrir une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, ont été un critère de choix décisif dans l’orientation de mes recherches. Et c’est plus précisément dans la ville de Zhuhai que j’ai décidé de vivre cette aventure. Zhuhai se situe entre Shenzhen, Hong Kong et Macao tout au long de la côte du sud-est du pays et donne sur une vaste étendue d’eau bleue et de collines vertes au nord. Avec 1,5 millions d’habitants, Zhuhai est une «petite» ville selon les standards Chinois. Grâce à sa localisation géographique idéale et à la douceur du climat, Zhuhai est pour moi, l’un des endroits les plus agréables à vivre en Chine.

À mon arrivée dans le pays, je me croyais dans un autre monde : des gens parlant une langue incompréhensible, des pancartes sur lesquels étaient dessinés des caractères extrêmement difficiles à identifier, mon attention était constamment sollicité par quelque chose de nouveau comme un enfant qui découvre le monde les yeux grands ouverts. Ici tout est différent de ce que l’on a pu connaître en Europe, que ce soit les paysages, les routes, les villes, etc. Je me suis très vite rendu compte que le simple fait d’être un étranger sur le sol chinois était en soi, une sacré aventure! Je ne m’attendais absolument pas à ce que des inconnus me scrutent du regard uniquement parce que j’étais étranger, et encore moins à ce qu’ils me demandent de prendre une photo à leur côté. Se faire dévisager du regard sans la moindre discrétion de la part des chinois fait partie de la vie de tous les jours d’un étranger en Chine. Mais avec le temps j’ai compris que c’était par curiosité et bienveillance plutôt qu’autre chose. Au final, on s’y habitue et s’est parfois une opportunité de rencontrer de nouvelles personnes au sourire facile.

La curiosité évidente des chinois face aux étrangers, n’est pas la seule chose que j’ai trouvé différente de mon point de vue occidental : se faire comprendre pour changer de l’argent par exemple, lire un menu en chinois ou encore essayer d’identifier un caractère sur une carte n’est pas une mince affaire puisqu’il est rare de trouver à Zhuhai, des chinois anglophones, contrairement à d’autres villes de Chine plus «occidentalisées» comme Shanghai ou Shenzen. Au fil du temps, on prend l’habitude de se faire servir un pied de poulet bouilli quand on est persuadé avoir commandé un «shaofan» (riz frit). C’est pourquoi il est indispensable de connaître quelques mots de chinois pour tenter de se faire comprendre même si le résultat risque d’être fort surprenant mais néanmoins amusant. Mes collègues de travail m’ont lancé le défi de retenir un mot de chinois par jour en espérant quitter le pays avec une bonne base de la langue.

J’ai dû relevé le défi le jour où j’ai demandé à l’une de mes collègue de me faire découvrir un endroit où je pouvais me faire masser selon la tradition locale. Une fois devant le centre de massage que mes collègues m’ont décrit comme étant un bon salon où les masseurs avait une approche thérapeutique, je me suis rendu compte qu’il s’agissait plutôt d’une clinique de médecine chinoise ou plutôt, de mon point de vue, d’une salle de torture : une dizaine de tables de massage sur lesquels étaient allongés quelques habitués se faisant masser par des gros chinois torses nus. Le kit parfait du sérial killer était étalé sur la table, des pinces, des aiguilles, un objet au bout rond ressemblant à l’arrière d’un peigne, des gobelets en verre, etc. Une fois ma tête enfoncée dans la table, le masseur s’est mis à me frotter avec acharnement via l’arrière de ce peigne rond de haut en bas, Il m’a proposé ensuite de m’appliquer une lampe à effet chauffant au dessus de mon dos.. Au départ, je ne savais pas ce que c’était mais ma douleur au bas du dos qui datait depuis quelques jours et le ton convaincant que le masseur employait comme si c’était exactement ce dont j’avais besoin, m’ont forcé à accepter. Le massage, en soi n’était pas très agréable et il était difficile de se faire comprendre pour lui demander d’y aller avec plus de délicatesse quand on ne parle pas la même langue… C’est à ce moment là précisément que je me suis rendu compte de l’utilité de savoir parler chinois. J’ai pourtant essayé, mais en vain. De manière surprenante, le lendemain, ma douleur avait totalement disparu, et je me tenais beaucoup plus droit !

Mon stage en Chine m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires, que ce soit des «locaux» ou des personnes venant des Etats unis, d’Angleterre, d’Australie, d’Inde, du Mexique ou du reste du monde. C’était l’occasion pour moi de pratiquer mon anglais et surtout de m’habituer à des accents parfois un peu exotiques. J’ai partagé mon appartement avec deux autres stagiaires, l’un venant de Manchester et l’autre du Canada ayant grandi au Congo et ayant étudié à Shanghai. Ce sont des personnes très intéressantes avec qui je me suis très bien entendu. La collocation nous a permis de sortir en groupe et de rencontrer de nouvelles personnes. La plupart des rencontres en Chine, se font la nuit après les horaires de travail, dans les bars ou les boites de nuits dans lesquels se retrouvent des expatriés et des riches chinois qui n’hésiteront pas à vous offrir un verre uniquement parce que vous êtes étrangers. Refuser l’offre d’un chinois est perçu comme un manque de respect voir une insulte, tout comme le fait d’accepter un cadeau avec une seul main. La réception d’un cadeau (ou de tout autre objet) se fait avec les deux mains. Ce geste d’humilité montre de la reconnaissance et du respect envers le donneur.

Au-delà de ces valeurs de vie dont font preuve les chinois, j’ai aussi remarqué l’immense serviabilité de cette communauté. Au point où je me demandes si dans leur contrat de travail, les salariés n’ont pas une clause mentionnant de servir tout individu occidental, à la vie à la mort, 24H/24 7J/7. Se faire servir systématiquement un verre d’eau quand on met les pieds chez le coiffeur par exemple, se faire prêter un parapluie quand il pleut, ou encore se faire suivre de près par un vendeur dans un magasin de vêtements à l’affut de vos moindres faits et gestes dans le but de vous servir avec efficacité, sont des choses qui font partie de la vie d’un étranger en Chine.

Ouvrir les yeux comme un enfant en éveil découvrant le monde m’a permis de me rendre compte de la beauté du pays mais aussi d’ouvrir les yeux sur la pauvreté, le niveau de vie, le rythme de travail excessif, le fossé économique entre le pouvoir d’achat des français et des chinois. La Chine reste un pays merveilleux et y vivre est une aventure de tous les jours où tout est possible.

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